Prenons la grand-route!

The_Battle_of_CullodenLe 23 juin, s’est ouvert au Royal Museum of Scotland, à Édimbourg, une exposition temporaire sur Charles Édouard Stuart et les Jacobites.

Plusieurs voix ont dénoncé l’appropriation culturelle et le colonialisme anglais dont elle fait l’objet. En effet, alors qu’elle est organisée dans la capitale de l’Écosse et qu’elle porte sur l’histoire des Highlands et leurs rapports avec l’Europe, l’exposition est présentée uniquement en langue anglaise.

Il est difficile d’ignorer la culture gaelle lorsqu’on aborde le thème des Jacobites, qu’il s’agisse de l’Irlande ou de l’Écosse.

Or comme le soulignaient les spécialistes Wilson Mcleod et Anja Gunderloch, le musée promettait d’examiner les préjugés qui entourent le jacobitisme, mais au final, il perpétue l’idée pernicieuse que les Gaels n’y ont joué qu‘un rôle mineur et que la seule langue anglaise suffit à faire le tour de la question, ce qui constitue un nouvel acte d’effacement linguistique et culturel:

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“Gaels deserve a bigger place in display of Jacobite risings”, par Wilson Mcleod and Anja Gunderloch dans le journal The Herald du 24 juin 2017

Malentendu ou hypocrisie ?

Le directeur du musée, Gordon Rintoul, a cru judicieux de jouer la carte de l’anonymat international invariablement prôné par les défenseurs du tout anglais :

« L’exposition ne se concentre pas sur les Highlands ou sur les soulèvements jacobites. Elle couvre 200 ans d’histoire européenne. C’est un vaste récit des tentatives jacobites de restaurer la dynastie Stuart. Ce n’est ni une histoire écossaise ni une histoire gaélique. Il y a un malentendu à propos de cette exposition. »

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“National Museum facing protests over lack of Gaelic in Jacobites exhibition”, par Brian Ferguson dans le journal The Scotsman du 24 juin 2017.

Malentendu il y a, c’est sûr : « anglais » n’est pas et n’a jamais été synonyme de « européen » (et vu la tournure que prennent les négociations du Brexit, il y de fortes chances pour que ces deux qualificatifs ne soient jamais synonymes).

Rappelons en revanche que lors du référendum sur le Brexit, 62 % d’Écossais ont voté contre la sortie de l’Union européenne. Rappelons aussi les liens forts qui ont uni l’Écosse et la France à travers les âges, notamment par le biais de la Vieille Alliance, la plus vieille alliance européenne.

Enfin, rappelons qu’à l’époque du jacobitisme, la législation interdisait aux Gaels catholiques de faire des études. Ils étaient donc obligés d’émigrer pour en faire et nombreux sont ceux qui, comme Neil MacEachan, sont venus étudier au Collège des Écossais, rue du Cardinal Lemoine, à Paris.

Nous étions donc une soixantaine lors de la manifestation sur le parvis du musée, le 24 juin dernier, aux côtés de l’association Misneachd (mot qui signifie « confiance »), à chanter Gaibhidh sinn an rathad mòr (« nous prendrons la grand-route »), une chanson jacobite qui est encore très populaire aujourd’hui dans la langue gaélique et dont voici les paroles.

Gabhaidh sinn an rathad mòr

N.B.: Je ne suis pas trop sûr de ma traduction, vos suggestions sont les bienvenues!

Gabhaidh sinn an rathad mòr, Nous prendrons la grand-route,
Gabhaidh sinn an rathad mór, Nous prendrons la grand-route,
Gabhaidh sinn an rathad mór, Nous prendrons la grand-route,
Olc air mhath le càch e.

 

Quoi qu’on en dise.

 

Olc air mhath le Cloinn-an-t-saoir, Quoi qu’en disent les MacIntyre,
Olc air mhath le Cloinn-an-t-saoir, Quoi qu’en disent les MacIntyre,
Olc air mhath le Cloinn-an-t-saoir, Quoi qu’en disent les MacIntyre,
‘S bodaich mhaol a lagain.

 

Et les p’tits chauves de leur patelin.

 

Diridh sinn ri beinn an fhraoich Nous gravirons les bruyères des montagnes,
Tearnaidh sinn le gleann nan laogh Et descendrons les vallées fertiles,
‘S chan eil fear de luchd-nam-braosg Et il n’y a pas un de ces railleurs
Nach leag sinn gaoir a mhaileid !

 

Que nous n’écraserons pas d’un coup de massue

 

Gu Mac-’ic-Alasdair ‘s Lochial, Avec les MacAlistair et ceux de Lochiel,
Bidh iad leinn mar bha iad riamh, Qui sont toujours fidèles à eux-mêmes,
‘S Fear-na-Ceapaich mar ar miann, et ceux de Fear-na-Ceapaich comme espéré,
Olc air mhath le càch siud.

 

Quoi qu’on en dise.

 

Thig Cloinn-’Phearsoin, feachd nam buadh, Les MacPherson viendront, gens de vertu,
‘S thig Cloinn-Choinnich o’n Taobh-tuath, Et les MacKenzie de Taobh-tuath,
‘S mairg an dream do ’n nochd iad fuath Dommage pour ceux qu’ils haïssent,
Nuair dh’éireas gruaim nam blàr orr’!

 

Quand la misère de la guerre les provoque !

 

Thig Clann Ghriogair, garg ‘san strì, Les MacGregor viendront, féroces au combat,
Stiùbhartaich ‘s iad sluagh an Rìgh. Les Stewart et d’autres gens du Roi,
Meàrsaibh uallach: suas i ‘phìob — Marchant fièrement, au son des cornemuses,
Olc air mhath le càch e. Quoi qu’on en dise.

 

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