Les mois de l’année en gaélique écossais

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Après quelques recherches, voici les informations que j’ai pu rassembler concernant l’origine du nom des mois de l’année en gaélique écossais.

D’après plusieurs de mes professeurs de gâlic, les Gaels qui ont appris le gâlic à la maison mais qui ont fait leur scolarité en anglais, utilisent la terminologie anglophone. La terminologie gaélique “moderne” qui est enseignée avec le système du Foghlam tro Mheadhan na Gàidhlig a probablement été standardisée pendant l’Entre-deux-guerres, à partir d’anciennes périodes du calendrier gaélique.

Les mots marqués d’une étoile * sont présents dans An etymological dictionary of the Gaelic language d’A. MacBain (1911). Ceux marqués d’un plus ° sont présents dans le Celtic culture : a historical encyclopedia de John T. Koch (2006).

  1. Am Faoilleach*° : le mois du loup. Koch suggère aussi le vieil irlandais faíleach (festival) terme désignant la première quinzaine de février, dérivé de faílid (joyeux), de la même racine que fàilte.
  2. An Gearran*° : Koch le rapproche de l’adjectif gearr (court). MacBain suggère le mois du hongre (cheval castré). An Gearran désigne à l’origine une période de 4 semaines à compter du 15 mars, qui fait partie d’un calendrier bestiaire du printemps. Elle était précédée du mois du loup et d’une semaine dite du feadag (en français le « pluvier », un oiseau). Après le Gearran, venait le temps de la vieille femme (cailleach), puis les jours des agneaux (oisgean).
  3. Am Màrt : le mois de Mars (du latin). Wilson McLeod note que am Màrt est usité depuis longtemps, par exemple par Mac Mhaighstir Alasdair au début du XVIIIe. Difficile de savoir toutefois si l’emprunt vient directement du latin ou s’il vient de l’anglais.
  4. An Giblean*° : MacBain suggère l’anglais april (du lat. aprilis, comme le français), mais sans référence. Koch suggère une évolution phonétique avec l’ajout du “g” au vieil irlandais apréil, probablement dûe à une hypercorrection.
  5. An Cèitean* : le premier (début) de l’été, de céit + sam.
  6. An t-Ògmhios° : étymologie possible òg + mìos, littéralement « le mois jeune » ? Sous l’influence d’une traduction littérale du latin ? En effet, juin est le mois de Junon, déesse de la jeunesse, d’où son nom.
  7. An t-Iuchar*° : Koch suggère un rapprochement avec la racine fiuch (bouillir) sous une forme infléchie. MacBain suggère « the dog days » (sans ref.) -> les jours du chien ? À rapprocher de la « canicule » romaine, période de l’apparition de Sirius, l’étoile principale de la constellation du Grand Chien (pour les Romains et les moines du Moyen-âge, la période annuelle du 24 juillet au 24 août) ? On pourrait aussi le rapprocher de july/juillet (du lat. Iulus, le mois de Jules César) ? Une étymologie séduisante serait « le mois d’Iuchar » (l’un des trois fils de Tuireann, petit-fils d’Ogma, le dieu de la magie et de l’éloquence des Tuatha Dé Danann) mais c’est fort improbable (pas de déclinaison, pas de suffixe, ni de préfixe…).
  8. An Lùnastal*° : le festival de Lug, dieu soleil des Celtes.
  9. An t-Sultain* : probablement de sult (graisse, joie), c-à-d. le mois de l’abondance.
  10. An Dàmhair* : MacBain suggère « le temps du rut », du veux gaélique damh (cerf) and dàir (semence).
  11. An t-Samhain*° : beaucoup s’accordent sur « sam-fuin » de sam-, l’été, et -fuin, fin, mais certains avancent qu’il pourrait s’agir du latin « simul » (le même) qui donnerait la racine « samani » (assemblée), le 1er novembre étant le jour du rassemblement à Tara, et donc à rapprocher de « Cét-shamain » (d’où « Cèitean », qui pourrait être la première assemblée de l’année, en mai).
  12. An Dùbhlachd*° : Koch affirme qu’il est formé à partir de l’adjectif dubh (noir). On peut aussi le rapprocher de dubh + lachdann (grisâtre). Toutefois, le « u » de Dùbhlachd est long, ce qui suggère une autre racine. À rapprocher de dùbhlan (défi) ?
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2 thoughts on “Les mois de l’année en gaélique écossais

  1. “D’après plusieurs de mes professeurs de gâlic, les Gaels qui ont appris le gâlic à la maison mais qui ont fait leur scolarité en anglais, utilisent la terminologie anglophone”

    As-tu eu l’occasion de le vérifier auprès de gaélophones se trouvant dans ce cas ? Tous les locuteurs du breton que je connais ont appris le breton à la maison et ont été scolarisés en français, ils connaissent pourtant les noms des mois en breton.

    'S toil

  2. J’en connais peu, mais ceux que je connais mélangent sans vergogne l’anglais et le gaélique. Pareil pour les auditeurs des programmes radiophoniques et télévisuels. Je ne pense pas que ce soit un manque de connaissance, ni une règle systématique, mais plutôt une sorte de désinvolture qui dépend du contexte et du registre. Quand c’est un discours plus officiel, genre informations ou météo (radio et télé) les dates et les heures sont systématiquement données en gaélique. Cela dit, les formes anglaises étaient probablement considérées comme des emprunts légitimes: le dictionnaire indique par exemple que « Feabruari » est « archaïc ». Il ne peut pourtant pas être plus ancien que « An Gearran » ou que « Ciad Mhìos an Earraich », mais il a probablement été utilisé au XIXe et au XXe sicèle avant d’être à nouveau remplacé. Les modes, ça va, ça vient… 🙂

    'S toil

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