Idéalistes ou pragmatiques? Juste hypocrites.

Je suis sûr que les pompiers écossais ont des choses bien plus importantes à faire, comme éteindre les incendies, que d’apprendre une langue que la grande majorité des Écossais ne parlent pas.

Cette déclaration est erronée, car le gouvernement écossais propose aux pompiers d’apprendre le gâlic, mais ce n’est en rien une obligation. Elle est aussi dangereuse, car elle érige en réalité le préjugé négatif d’un individu, celui que la promotion du gâlic coûte cher au contribuable.

Nous devons ce genre de discours au conservateur britannique Alex Johnstone, ex-député du parlement écossais (pour voir l’original, cliquer ici).

On oppose souvent les arguments pragmatiques aux arguments idéalistes, comme si quelque loi de la nature les forçait à s’affronter.

  • Doit-on accueillir les réfugiés migrants ou protéger “nos” frontières ?
  • Faut-il réduire le risque de l’arme nucléaire alors que le Traité de non-prolifération ne sert à rien face aux pays possédant des programmes nucléaires militaires clandestins ou même ouvertement déclarés ?
  • Faut-il soutenir la croissance et l’emploi dans les secteurs polluants ou dangereux (nucléaire, gaz de schistes, automobile, industries chimiques, etc.) ou mettre des milliers de gens au chômage en attendant que la fameuse “transition énergétique” se produise ?

Et bien sûr, puisque le Brexit est d’actualité:

  • Vaut-il mieux rester ensemble, comme le prônait la campagne unioniste Better Together lors du référendum sur l’indépendance de l’Écosse (2014), ou est-il préférable de se séparer, comme le prône la campagne (les campagnes en réalité) pour l’indépendance du Royaume-Uni (2016)?

Paradoxalement, les acteurs de ces deux campagnes sont, pour beaucoup d’entre eux, les mêmes. Au fur et à mesure de l’évolution de leurs intérêts, les réalistes deviennent des idéalistes, et réciproquement. Il suffit d’adapter le discours.

Il en va de même pour les langues.

L’enseignement par l’intermédiaire du gâlic (Foghlam tro Meadhan na Gàidhlig ) est un système éducatif écossais où l’enseignement est dispensé aux élèves en gâlic. Il s’agit d’un enseignement essentiellement monolingue, où, contrairement aux conditions d’enseignement des écoles bilingues, la concurrence de la langue dominante du pays (l’anglais) est réduite au strict minimum.

Son existence est garantie par une loi, l’Achd na Gàidhlig (‘Loi du gâlic’), adoptée par le Parlement écossais en 2005 (le système législatif écossais est indépendant et fondamentalement différent des systèmes gallois et anglais), visant à donner un statut officiel au gâlic.

L’initiative de cette loi remonte aux années 1980, soit plus de 15 ans avant la constitution du Parlement écossais. On la doit aux conservateurs britanniques, en particulier à Michael Forsyth, un financier qui était député à l’époque de Thatcher.

À cette époque, les conservateurs avaient décidé d’investir 16 millions de livres Sterling pour promouvoir cette langue “britannique” en voie de disparition, doper l’enthousiasme de ses locuteurs ou de ses futurs locuteurs, et redynamiser une région oubliée du Royaume-Uni.

Mais il faut croire que le pragmatisme conservateur d’hier ne poursuivait pas les mêmes intérêts que celui d’aujourd’hui.

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